Le crime de Pinochet?

Ne pas être communiste!

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De Porto, au Portugal, où il assistait au sommet ibéro-américain, Fidel Castro s'est félicité de l'arrestation à Londres du général Pinochet. Qu'un dictateur en exercice puisse se réjouir des ennuis d'un dictateur à la retraire, passe encore, ils étaient d'irréductibles ennemis. Mais que les grands médias nous présentent le général Pinochet comme le plus sanglant des dictateurs sans s'étonner une seconde que Fidel Castro puisse voyager librement, voilà qui est scandaleux! Certes, sur les 100 millions de morts du communisme, les victimes cubaines passeraient même inaperçues. Elles sont pourtant beaucoup plus nombreuses que les victimes de Pinochet. Mais les crimes du communisme n'intéressent personne, même là où il est encore au pouvoir. On préfère juger des fantômes de l'autre bord.

Castro est au pouvoir depuis bientôt quarante ans. Il n'a pas seulement tué des opposants: il a aussi ruiné son pays et maintient aujourd'hui encore son peuple dans la misère. Mais comment lui en vouloir? Un communiste ne saurait être foncièrement mauvais. Pinochet, lui, était un officier légaliste. Lorsqu'il a compris que Salvador Allende conduisait le Chili à sa perte, comme Castro l'avait fait à Cuba, il s'est résigné à franchir le Rubicon. Il a exercé le pouvoir sans faiblesse, avec l'appui d'une large majorité de Chiliens qui lui étaient reconnaissants de leur avoir épargné la dictature communiste. Et, contrairement à Castro, il l'a rendu quinze ans plus tard à l'issue d'une consultation électorale (référendum de 1988) dont il accepta par avance le verdict. Pinochet, de surcroît, a laissé un pays prospère sur le plan économique. Les Chiliens n'ont pas voulu le juger. Pourquoi la justice espagnole devrait-elle le faire à leur place?

Article tiré de Minute n°1905 du 21 octobre1998

 

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